Auteur Erik Orsenna
Edition: Stock
Prix: 14,50 euros
Après
La
grammaire est une chanson douce,
après Les
Chevaliers du Subjonctif,
après La
révolte des accents,
Erik Orsenna poursuit les aventures grammaticales de son héroïne
Jeanne et de son frère Tom. Ou comment vont-ils découvrir cette
fois l’art de ponctuer leur vie…
Jeanne
a seize ans désormais. Depuis les débuts de son exploration de la
grammaire, elle a grandi et s’est enhardie. Elle est aujourd’hui
à la tête d’un commerce illicite : elle rédige et monnaye les
devoirs des élèves de l’île. De fil en aiguille, elle va devenir
le nègre des hommes politiques et rédiger leurs discours. C’est à
cette occasion, l’élargissement de sa clientèle au monde
politique, que l’importance de la ponctuation lui saute aux yeux,
ou plutôt aux oreilles. Avec l’aide de Tom, son frère musicien,
elle apprend les bases de la musique et du rythme pour parfaire les
discours qu’elle écrit. Car qu’est-ce qu’un discours sinon une
sorte de chanson où la musique, le ton, le rythme jouent un rôle
aussi grand que les paroles ?
Jeanne
va trouver à cette recherche un intérêt tout particulier. Car elle
est tombée amoureuse. Et la ponctuation n’a-t-elle pas été
inventée pour exprimer les sentiments, marquer le rythme du cœur,
noter les nuances affectives ?
Alors
comment ponctuer un texte ? Comment animer sa vie ? Et si, au lieu de
la subir, on la dansait ?
AVIS:
J'ai d'abord pris ce
livre, lors d'un passage éclair en bibliothèque, pour sa couverture
au charme suranné en me disant que de toute manière, vu sa
longueur, en moins d'une heure, je l'aurai parcouru.
Sur ce point, j'avais
raison : en 50 minutes, j'en avais fini sa lecture. De manière
générale, je ne lis pas de livre court car je suis souvent frustrée
avec la nette sensation que l'auteur aurait pu en dire plus,
prolonger ses développements. Avec ce livre d'Erik Orsenna, point de
frustration ! L'auteur a choisi le format idéal rendant la
lecture de son œuvre rythmée, rapide et agréable. On se laisse
emporter par l'histoire comme on le serait pas une danse.
Et si on dansait est la
suite d'autres aventures grammaticales (La grammaire est une chanson
douce, Les chevaliers du subjonctif...) que je n'avais pas lues. Cela
ne gêne en point la compréhension de ce livre mais je ne peux que
vous conseiller de respecter l'ordre de sortie des tomes. L'auteur y
fait parfois référence sans oublier qu'en les lisant d'abord, vous
aurez le loisir de découvrir l'évolution des héros, Jeanne et Tom.
J'ai adoré la manière
dont l'auteur évoque les mots qui finissent par prendre vie devant
nos yeux, ils sont des personnages à part entière. Néanmoins, je
m'attendais à ce que la ponctuation soit plus évoquée. Elle l'est,
bien sûr, mais j'ai plus eu le sentiment qu'elle venait illustrer
l'histoire alors que je m'attendais à ce que ce soit l'inverse, que
l'histoire soit au service de la ponctuation.
Notez aussi que le
livre est agrémenté de quelques illustrations qui n'en rendent que
sa lecture plus agréable.
Citation :
« J'ai clarifié
mes développements (jamais plus d'une idée à la fois ).
J'ai traqué les
hiatus, ces inélégantes rencontres entre deux voyelles.
Surtout, j'ai lutté,
je vous jure, lutté de toutes mes forces contre mon défaut majeure
que vous avez déjà, oh ma honte ! remarqué : ma passion
pour les parenthèses. »
J'ai adoré ce passage
qui synthétise en quelques mots les commentaires de mes professeurs
de français et qui me permet de m'identifier totalement à Jeanne et
son amour pour les parenthèses. C'est une des forces du livre, en
évoquant les maladresses de la ponctuation que chacun commet, tout
le monde peut s'y retrouver et s'identifier à nos héros. Durant mes études, j'aurais incontestablement apprécié d'avoir un tel livre en plus de mes manuels scolaires qui, reconnaissons-le, étaient bien moins ludiques et bien plus rébarbatifs.

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