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vendredi 16 août 2013

Et si on dansait? Erik Orsenna





Auteur Erik Orsenna
Edition: Stock
Prix: 14,50 euros


Présentation de l'éditeur:

Après La grammaire est une chanson douce, après Les Chevaliers du Subjonctif, après La révolte des accents, Erik Orsenna poursuit les aventures grammaticales de son héroïne Jeanne et de son frère Tom. Ou comment vont-ils découvrir cette fois l’art de ponctuer leur vie…
Jeanne a seize ans désormais. Depuis les débuts de son exploration de la grammaire, elle a grandi et s’est enhardie. Elle est aujourd’hui à la tête d’un commerce illicite : elle rédige et monnaye les devoirs des élèves de l’île. De fil en aiguille, elle va devenir le nègre des hommes politiques et rédiger leurs discours. C’est à cette occasion, l’élargissement de sa clientèle au monde politique, que l’importance de la ponctuation lui saute aux yeux, ou plutôt aux oreilles. Avec l’aide de Tom, son frère musicien, elle apprend les bases de la musique et du rythme pour parfaire les discours qu’elle écrit. Car qu’est-ce qu’un discours sinon une sorte de chanson où la musique, le ton, le rythme jouent un rôle aussi grand que les paroles ?
Jeanne va trouver à cette recherche un intérêt tout particulier. Car elle est tombée amoureuse. Et la ponctuation n’a-t-elle pas été inventée pour exprimer les sentiments, marquer le rythme du cœur, noter les nuances affectives ?
Alors comment ponctuer un texte ? Comment animer sa vie ? Et si, au lieu de la subir, on la dansait ?

AVIS:

J'ai d'abord pris ce livre, lors d'un passage éclair en bibliothèque, pour sa couverture au charme suranné en me disant que de toute manière, vu sa longueur, en moins d'une heure, je l'aurai parcouru.

Sur ce point, j'avais raison : en 50 minutes, j'en avais fini sa lecture. De manière générale, je ne lis pas de livre court car je suis souvent frustrée avec la nette sensation que l'auteur aurait pu en dire plus, prolonger ses développements. Avec ce livre d'Erik Orsenna, point de frustration ! L'auteur a choisi le format idéal rendant la lecture de son œuvre rythmée, rapide et agréable. On se laisse emporter par l'histoire comme on le serait pas une danse.

Et si on dansait est la suite d'autres aventures grammaticales (La grammaire est une chanson douce, Les chevaliers du subjonctif...) que je n'avais pas lues. Cela ne gêne en point la compréhension de ce livre mais je ne peux que vous conseiller de respecter l'ordre de sortie des tomes. L'auteur y fait parfois référence sans oublier qu'en les lisant d'abord, vous aurez le loisir de découvrir l'évolution des héros, Jeanne et Tom.

J'ai adoré la manière dont l'auteur évoque les mots qui finissent par prendre vie devant nos yeux, ils sont des personnages à part entière. Néanmoins, je m'attendais à ce que la ponctuation soit plus évoquée. Elle l'est, bien sûr, mais j'ai plus eu le sentiment qu'elle venait illustrer l'histoire alors que je m'attendais à ce que ce soit l'inverse, que l'histoire soit au service de la ponctuation.

Notez aussi que le livre est agrémenté de quelques illustrations qui n'en rendent que sa lecture plus agréable.

Citation :

« J'ai clarifié mes développements (jamais plus d'une idée à la fois ).
J'ai traqué les hiatus, ces inélégantes rencontres entre deux voyelles.
Surtout, j'ai lutté, je vous jure, lutté de toutes mes forces contre mon défaut majeure que vous avez déjà, oh ma honte ! remarqué : ma passion pour les parenthèses. »

J'ai adoré ce passage qui synthétise en quelques mots les commentaires de mes professeurs de français et qui me permet de m'identifier totalement à Jeanne et son amour pour les parenthèses. C'est une des forces du livre, en évoquant les maladresses de la ponctuation que chacun commet, tout le monde peut s'y retrouver et s'identifier à nos héros. Durant mes études, j'aurais incontestablement apprécié d'avoir un tel livre en plus de mes manuels scolaires qui, reconnaissons-le, étaient bien moins ludiques et bien plus rébarbatifs.